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C'est décidé : ils s'installeront côte à côte dans l'avion gouvernemental affrété pour l'occasion. Pour la première fois, François et Vincent Blondel s'envoleront ensemble pour une même destination dans le cadre de leurs fonctions dirigeantes respectives. Dès ce dimanche 5 et jusqu'au II novembre prochain, se tient en effet une visite d'Etat en Inde. Aux côtés du roi Philippe et de la reine Mathilde ainsi que d'une série de ministres et d'officiels, ce sont plus de 80 entreprises et l'ensemble des universités belges qui prendront part à ce déplacement de haut vol.

L'Inde et la Belgique célèbrent cette année 70 ans de relations diplomatiques. La dernière visite d'Etat sur place remonte à 2008.

On ne vous cachera pas qu'il ne fut pas aisé de convaincre l'un des deux frères du bien-fondé de notre démarche. Que les choses soient claires donc : on parlera business avec l'aîné de la fratrie, François, et enseignement universitaire avec le second, Vincent. Véritable microcosme fourmillant, les visites d'Etat constituent en effet - outre l'opportunité majeure de signer des contrats et de nouer des liens sur place - de belles occasions de mélanger délibérément les genres, qu'ils soient politique, économique ou académique, au sein de la délégation belge.

La participation du CEO de KitoZyme et du recteur de l'Université catholique de Louvain (UCL) à ce périple indien est une illustration parmi d'autres.

L’un capitalise sur l’esprit d’entreprendre, l’autre sur la sacro-sainte liberté académique. Avec, au bout du compte, un leitmotiv commun : la responsabilité sociétale de leur institution et son rayonnement à l’international. Rencontre avec deux leaders. 

  

L'entrepreneur. Boulimique de projets et conquérant, François Blondel (à gauche sur la photo) se voit travailler, déclare-t-il, jusqu’à 95ans. 

 

La pépite wallonne KitoZyme poursuit sa percée asiatique

Il pourrait devenir le "Manager de l'année 2017". L'homme est en effet nominé pour succéder à Marc Raisière, le patron de Belfius, en tant que potentiel troisième manager de l'année. Diplômé en droit et en sciences économiques de l'UCL,  François Blondel, 54 ans, est aujourd'hui aux commandes de la société herstalienne KitoZyme. Ancienne spin-off de l'université de Liège, cette PME d'une cinquantaine de personnes fabrique et commercialise des produits à base de chitosane végétal, une molécule biodégradable synthétisée à partir de champignons. Les principales applications de cette fibre « miraculeuse » ont trait à la santé humaine (contrôle du poids, etc.) mais également, vous lisez bien, à l’œnologie ! Désormais, l'activité vinicole de KitoZyme pèserait un peu plus de 20 % de ses sept millions de revenus totaux. En tant que "business angel", François Blondel occupe bien d'autres fonctions parmi lesquelles la vice-présidence du pôle de compétitivité wallon santé Biowin.

François Blondel, comment se porte votre entreprise ?

KitoZyme a parcouru un chemin considérable ces dernières années. Depuis 2013, nous avons amélioré nos résultats chaque année. Nous devions en fait simplifier et recentrer nos activités. A l'époque, l'entreprise avait perdu au-delà des quarante millions d'euros. Aujourd'hui, l'activité biomédicale a fait l'objet d'une nouvelle société, Kiomed Pharma, et l'activité vinicole s'est développée. Par ailleurs, nous avons décidé de vendre non plus seulement l'ingrédient mais bien aussi le produit fini pour compte de tiers. Dans un avenir très proche, nous souhaitons également produire sous marque propre. Depuis la semaine dernière, nous avons lancé sur le marché français une nouvelle marque ("YAW" pour "You are wonderful") par la voie de l'e-commerce. Il s'agit pour le moment d'un test à l'échelon français qui sera sans conteste notre grand défi pour l'année 2018.

 

Quel est l'intérêt de votre déplacement en Inde ?

Depuis quatre ans, nos produits y sont distribués via la société Corona Remedies localisée dans le Gujarat. L’Inde est un pays gigantesque où il y a un grand nombre de personnes en surpoids. Notre ambition est de grandir sur ce marché. La visite d'Etat sera également l'occasion pour nous de rencontrer un "prospect" basé à Calcutta, le groupe familial Emami. Nous sommes aujourd'hui en pleine expansion sur les canaux de distribution et avons réussi cette année une percée en Chine et dans certains pays du Proche-Orient. Je pense qu'il y a une possibilité de faire la même chose en Inde. Enfin, faut-il rappeler à quel point les contacts informels entre les membres de la délégation belge sont précieux lors de ce genre de déplacement.

On dit de l'Inde qu'il est "un pays compliqué". Dans quelle mesure est-il facile ou non de faire du business avec les Indiens ?

Il est vrai que c'est un pays compliqué. Je prends un exemple. Mon assistante s'est occupée de mon visa. Pour l'obtenir, cela a nécessité un nombre incroyable de papiers. Cela, c'est la réalité. Il y a une complexité administrative réelle. Dans le cadre des relations professionnelles déjà engrangées avec nos partenaires indiens, il est difficile pour moi de déterminer à ce stade si c'est parce que le marché est compliqué ou si c'est parce que notre partenaire n'est pas assez efficace. J'ai assez bien voyagé dans le monde. Finalement, la seule chose qui compte, c'est le respect. Si vous faites preuve d'un certain respect, même si vous faites une erreur, personne ne vous en voudra.

 

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ALICE DIVE Publié le